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Oui, vous pouvez tout à fait mettre des plantes dans une chambre, et dans la grande majorité des cas, c'est une excellente idée. Le mythe selon lequel les plantes appauvrissent l'oxygène de l'air la nuit et seraient dangereuses dans une chambre est une croyance populaire sans fondement scientifique sérieux. La quantité de CO2 émise par une plante pendant la nuit est infime comparée à celle que vous expirez vous-même en dormant. En revanche, les bénéfices réels sont multiples : amélioration de la qualité de l'air, humidification naturelle, réduction du stress, esthétique apaisante. Quelques espèces sont néanmoins à éviter, notamment les plantes toxiques ou très allergisantes. Voici tout ce qu'il faut savoir pour bien choisir ses plantes de chambre.
J'ai longtemps hésité avant de poser une plante dans notre chambre bordelaise, à cause précisément de ce mythe du CO2 nocturne. Edgard m'a finalement dit d'arrêter d'écouter des idées reçues et d'y mettre un pothos. Depuis, notre chambre sent mieux, elle est plus belle, et je dors aussi bien qu'avant.

C'est la première chose à dissiper parce qu'elle dissuade beaucoup de personnes de mettre des plantes dans leur chambre. L'idée est la suivante : la nuit, sans lumière pour activer la photosynthèse, les plantes ne produisent plus d'oxygène et consomment du CO2, ce qui appauvrirait l'air de la chambre.
Ce raisonnement est techniquement correct dans son principe mais totalement disproportionné dans ses conséquences pratiques. Voici pourquoi.
Une plante de chambre de taille moyenne émet, pendant une nuit de huit heures, une quantité de CO2 de l'ordre de quelques dizaines de milligrammes. Une personne adulte qui dort dans la même chambre produit, pendant la même durée, environ 200 à 300 grammes de CO2 par respiration. Soit environ 10 000 fois plus que la plante.
Pour qu'une plante de chambre ait un effet mesurable sur la qualité de l'air nocturne, il faudrait en mettre plusieurs centaines dans une pièce close hermétiquement. Dans les conditions normales d'une chambre ventilée, l'impact de la plante est indétectable.
La NASA elle-même a publié en 1989 une étude célèbre (le "NASA Clean Air Study") montrant que certaines plantes d'intérieur contribuent à filtrer les composés organiques volatils (COV) présents dans l'air intérieur des habitations. Cette étude est souvent citée en faveur des plantes en intérieur, y compris dans les chambres.

Les intérieurs modernes sont souvent plus pollués qu'on ne le croit. Peintures, moquettes, colles de parquet, mobilier en panneaux de bois, textiles : de nombreux matériaux émettent des composés organiques volatils comme le formaldéhyde, le benzène ou le trichloréthylène. Certaines plantes absorbent une partie de ces polluants par leurs feuilles et par les micro-organismes présents dans leur substrat.
Les espèces les plus efficaces pour filtrer l'air intérieur sont le pothos (Epipremnum aureum), le philodendron, le spathiphyllum (fleur de lune), le chlorophytum (plante araignée) et le dracaena. Ces plantes sont aussi faciles à vivre, ce qui en fait des candidates idéales pour la chambre.
Les plantes transpirent : elles libèrent de la vapeur d'eau par leurs feuilles lors de la transpiration végétale. Dans une chambre dont l'air est souvent sec, notamment en hiver avec le chauffage, quelques plantes bien arrosées contribuent à maintenir un taux d'humidité plus confortable. Un air plus humide facilite la respiration, limite les maux de gorge au réveil et améliore la qualité du sommeil pour les personnes sensibles à l'air sec.
Ce bénéfice est bien documenté dans la littérature scientifique. Plusieurs études ont démontré que la présence de végétaux dans un espace intérieur réduit mesurément les marqueurs physiologiques du stress, notamment la fréquence cardiaque et la pression artérielle. La couleur verte, les formes organiques et la texture des feuilles activent une réponse parasympathique dans le système nerveux.
Une chambre avec des plantes est une chambre qui se regarde différemment. L'œil s'y pose, s'y apaise. C'est un effet difficile à quantifier mais unanimement ressenti par ceux qui ont intégré des plantes dans leur espace de sommeil.
Nous avons une tendance naturelle à nous sentir mieux en présence du vivant, une disposition que les chercheurs appellent la biophilie. La chambre est l'espace le plus intime de la maison, celui où on se retrouve seul avec soi-même. Y intégrer du végétal, même modestement, crée une connexion avec le vivant qui peut avoir un effet réel sur la qualité du repos et sur l'humeur au réveil.

Toutes les plantes ne sont pas également adaptées à la chambre. Les critères principaux sont la tolérance à la faible luminosité (les chambres sont souvent moins bien éclairées que les salons), la discrétion olfactive (un parfum trop intense peut perturber le sommeil), et la facilité d'entretien.
Le pothos (Epipremnum aureum) est la plante de chambre par excellence. Il tolère les endroits peu lumineux, n'a besoin d'être arrosé que toutes les deux semaines, filtre l'air et s'étend gracieusement sur une étagère ou dans un pot suspendu. Ses longues tiges retombantes lui donnent un aspect romantique et végétal qui habille une chambre sans l'encombrer.
Le spathiphyllum (fleur de lune) produit de jolies fleurs blanches et fait partie des plantes les plus efficaces pour filtrer l'air. Il préfère un endroit peu lumineux et un arrosage régulier. Sa seule réserve : il est légèrement toxique en cas d'ingestion, ce qui le réserve aux chambres sans enfants ni animaux domestiques.
Le sansevière (Sansevieria trifasciata), aussi appelée langue de belle-mère, est l'une des rares plantes qui continue à libérer de l'oxygène la nuit, par un processus photosynthétique particulier appelé CAM (métabolisme acide des crassulacées). Elle est quasi indestructible, tolère les oublis d'arrosage et s'adapte à tous les niveaux de luminosité. C'est la plante de chambre idéale pour ceux qui se disent mauvais jardiniers.
Le chlorophytum (plante araignée) est une plante très tolérante, parfaite pour les chambres peu éclairées. Elle produit de charmants stolons retombants avec de petites plantules, filtre l'air efficacement et n'a aucune exigence particulière.
L'aloe vera stocke de l'eau dans ses feuilles épaisses et libère de l'oxygène la nuit comme la sansevière. Elle a besoin d'un peu plus de lumière que les espèces précédentes mais supporte bien un rebord de fenêtre. Son gel a également des propriétés apaisantes pour la peau.
La lavande, si vous disposez d'une fenêtre suffisamment ensoleillée, est la plante de chambre idéale pour son parfum. Des études ont montré que l'huile essentielle de lavande réduit l'anxiété et améliore la qualité du sommeil. Un pot de lavande fraîche sur un rebord de fenêtre bien exposé parfume discrètement et agréablement la chambre.
Toutes les plantes ne sont pas bienvenues dans la chambre. Certaines présentent des inconvénients réels.
Les plantes à fort parfum comme le gardénia, le jasmin ou le lys à haute dose peuvent perturber le sommeil des personnes sensibles aux odeurs intenses. Ces plantes sont magnifiques mais leur parfum est mieux apprécié dans un espace diurne.
Les plantes très allergisantes : certaines plantes libèrent du pollen en grande quantité ou des particules qui peuvent déclencher des réactions chez les personnes allergiques. Ficus, chrysanthèmes et quelques espèces tropicales sont dans ce cas.
Les plantes toxiques : si des enfants ou des animaux domestiques accèdent à la chambre, évitez le dieffenbachia, le philodendron (légèrement toxique), l'euphorbe ou le pothos en cas d'ingestion répétée. Le spathiphyllum est aussi à placer hors de portée des enfants et des chats.
Les plantes trop grandes ou trop envahissantes : un bananier ou un ficus de 2 mètres dans une petite chambre crée un désordre visuel et consomme beaucoup d'humidité et de nutriments. Dans la chambre, la règle est d'aller vers la discrétion et l'élégance, pas vers l'exubérance.

Il n'y a pas de règle absolue, mais quelques repères pratiques. Pour une chambre standard de 12 à 15 m², deux à quatre plantes de taille moyenne créent un effet végétal visible sans transformer la pièce en serre. Une grande plante posée au sol dans un angle, combinée à une ou deux plantes plus petites sur une étagère ou sur la table de chevet, est souvent la composition la plus harmonieuse.
Évitez de multiplier les espèces différentes : trois plantes de la même famille ou aux feuilles similaires créent plus de cohérence visuelle que dix espèces disparates. La chambre est un espace qui gagne à la sobriété.
La table de chevet est l'emplacement le plus intime. Une petite plante à feuilles douces, un suculent ou une petite sansevière y trouve naturellement sa place. Évitez d'y mettre une plante trop grande ou trop encombrante qui s'élancerait au-dessus de votre lit.
L'étagère ou le meuble haut convient parfaitement aux plantes retombantes comme le pothos ou le chlorophytum, dont les tiges créent un effet graphique en cascade.
Le rebord de fenêtre est réservé aux plantes qui ont besoin de plus de lumière : aloe vera, lavande, succulentes, cactus. Dans une chambre peu éclairée, ne placez ici que des plantes tolérantes à la lumière directe.
Au sol dans un angle, une grande plante en pot crée un effet architectural et végétal qui structure l'espace. Un ficus lyrata, une monstera ou un dracaena à cette place peuvent transformer visuellement une chambre ordinaire en espace habité et végétal.
L'entretien des plantes de chambre ne doit pas devenir une corvée qui pèse sur le repos que la chambre est censée procurer. Choisissez des espèces qui tolèrent l'irrégularité des arrosages, s'accommodent de la lumière disponible dans votre chambre et ne nécessitent pas de rempotage fréquent.
Arrosez le matin plutôt que le soir pour que l'excès d'humidité s'évapore dans la journée. Vérifiez la luminosité réelle de votre chambre avant de choisir : une chambre peu éclairée ne conviendra pas à un cactus ou à une plante succulente qui a besoin de soleil direct.
Si vous aimez que votre chambre soit aussi soignée que le reste de votre intérieur, les plantes vertes s'intègrent naturellement dans cette attention au détail. Comme les billes d'argile dans les pots ou le choix d'un bon potager intérieur, la clé est de choisir les bonnes espèces pour les bonnes conditions, et de les installer avec soin plutôt que de les collectionner sans réflexion.
Non. L'idée que les plantes consomment dangereusement l'oxygène la nuit est un mythe. La quantité de CO2 émise par une plante pendant la nuit est négligeable comparée à celle que vous produisez vous-même en respirant. Sauf cas très particulier de chambre hermétiquement close avec plusieurs centaines de plantes, ce phénomène n'a aucun impact mesurable sur la qualité de l'air.
La sansevière est idéale pour la table de chevet : compacte, décorative, presque indestructible et capable de libérer de l'oxygène la nuit. Un petit pothos dans un pot suspendu juste au-dessus est aussi une option très élégante. Évitez les plantes à fort parfum sur la table de chevet, qui pourrait perturber votre sommeil si vous y êtes sensible.
Oui, indirectement. Elles contribuent à humidifier l'air sec des chambres chauffées, réduisent les polluants intérieurs et créent une atmosphère apaisante. La lavande est particulièrement documentée pour ses effets sur la qualité du sommeil. Ces effets ne sont pas spectaculaires mais ils sont réels et cumulatifs sur le long terme.
Les deux sont possibles, mais avec nuance. Les plantes à fleurs parfumées (gardénia, jasmin, lys) peuvent perturber le sommeil par leur parfum intense dans un espace clos. En revanche, une plante à fleurs peu parfumées comme le spathiphyllum ou une orchidée convient parfaitement en chambre. La beauté des fleurs sans l'intensité d'un parfum nocturne.
Oui, si votre chambre dispose d'une fenêtre bien ensoleillée, idéalement exposée au sud ou à l'est. Cactus et succulentes sont parmi les plantes les plus faciles à entretenir (arrosage rare, pas d'exigence nutritive particulière) et certains libèrent de l'oxygène la nuit comme la sansevière. Leur esthétique graphique et sculptée convient particulièrement aux intérieurs contemporains.
Une chambre sans fenêtre est très contraignante pour les plantes. Sans lumière naturelle, seules quelques espèces très tolérantes survivent, mais elles ne prospèrent pas vraiment. Le pothos et la sansevière sont les plus résistantes aux faibles luminosités. Une lampe horticole à spectre complet, allumée quelques heures par jour, peut compenser l'absence de lumière naturelle et permettre de cultiver des plantes même dans les espaces les plus sombres.