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Le gazon Kikuyu résiste à la sécheresse mieux que presque toutes les autres graminées vendues en France, mais il devient vite envahissant s'il n'est pas contenu correctement. Comptez entre 20 et 35 euros le mètre carré pour une pose professionnelle en plaques, et sachez d'emblée qu'il ne convient vraiment qu'aux régions au climat doux, méditerranéen ou tropical, car il jaunit et entre en dormance dès que les températures descendent sous les 10 degrés de façon prolongée. C'est une graminée aux qualités impressionnantes, mais elle ne pardonne pas les erreurs d'emplacement.
Une cousine installée à La Réunion nous a vanté son gazon Kikuyu pendant des années avant qu'on comprenne vraiment ce qui différenciait cette plante de tout ce qu'on connaissait à Bordeaux. En creusant le sujet, j'ai découvert une graminée aussi fascinante que redoutable, capable du meilleur comme du pire selon l'endroit où on la plante.
| Point cle | Ce qu'il faut savoir |
|---|---|
| 🌵 Resistance secheresse | Exceptionnelle grace a un enracinement tres profond |
| 🥶 Sensibilite au froid | Jaunit et dort des les temperatures fraiches prolongees |
| 🌿 Caractere envahissant | Stolons et rhizomes puissants a contenir absolument |
| 💰 Prix | 20 a 35 euros le m2 en pose professionnelle par plaques |
| 🎯 Region ideale | Climat mediterraneen, tropical ou subtropical uniquement |
Avant même de parler prix ou entretien, la vraie question à se poser porte sur votre climat et votre configuration de jardin. Répondez à ces deux critères pour savoir si cette graminée a vraiment sa place chez vous.
Gardez ce résultat en tête en lisant la suite, car il conditionne vraiment la pertinence de chaque conseil qui suit.
Le Kikuyu, de son nom botanique Cenchrus clandestinus (anciennement classé sous Pennisetum clandestinum), tire son nom du peuple Kikuyu d'Afrique de l'Est, région d'où cette graminée est originaire. Contrairement au ray-grass ou à la fétuque, qui poussent en touffes, le Kikuyu se propage par un réseau dense de stolons aériens et de rhizomes souterrains, ce qui explique à la fois sa vigueur exceptionnelle et son caractère parfois difficile à maîtriser.
Cette graminée appartient à la catégorie des gazons dits de saison chaude, un groupe qui pousse activement pendant les mois les plus chauds de l'année et ralentit fortement, voire s'arrête complètement, dès que les températures baissent. C'est une distinction essentielle à comprendre avant l'achat, car elle inverse complètement le calendrier d'entretien par rapport aux graminées de saison fraîche plus courantes sous nos latitudes.

Dans les régions où il trouve ses conditions idéales, le Kikuyu offre des performances que peu d'autres gazons peuvent égaler, et c'est précisément ce qui justifie l'engouement qu'on lui porte dans le Sud de la France et les territoires ultramarins.
Sa résistance à la sécheresse reste son atout le plus spectaculaire. Grâce à un système racinaire capable de plonger jusqu'à un mètre de profondeur, il continue de puiser l'eau bien après que d'autres graminées aient jauni faute d'arrosage. Dans les jardins soumis à des restrictions d'eau estivales de plus en plus fréquentes, cet avantage pèse lourd dans la balance.
Sa vitesse de croissance et de régénération impressionne également : une zone abîmée par un usage intensif ou une réparation se referme naturellement en quelques semaines grâce à la propagation active des stolons, sans qu'il soit toujours nécessaire de ressemer. Il tolère aussi très bien le piétinement répété, ce qui en fait un choix apprécié pour les jardins familiaux actifs et certains terrains sportifs dans les régions chaudes.
C'est ici que le Kikuyu divise vraiment les jardiniers, et les retours d'expérience négatifs viennent presque toujours des mêmes causes, évitables si on les connaît à l'avance.
Son caractère envahissant constitue de loin sa principale limite. Les stolons rampent sur le sol et s'infiltrent dans les massifs voisins, les allées ou même les fondations légères, colonisant l'espace bien au-delà de la zone initialement prévue si aucune barrière physique ne l'en empêche. Sans bordure anti-rhizome installée dès la plantation, il devient très difficile de le contenir une fois établi.
Sa sensibilité au froid limite aussi drastiquement les régions où il garde un bel aspect toute l'année. Dès que les températures chutent durablement, le feuillage jaunit et la croissance s'arrête complètement, laissant une pelouse terne pendant plusieurs mois d'hiver dans les zones tempérées, un compromis que tous les jardiniers ne sont pas prêts à accepter en échange de sa résistance estivale.

Le budget varie sensiblement selon la méthode de plantation choisie, et il faut savoir que le Kikuyu se sème beaucoup moins facilement que le ray-grass ou la fétuque, ce qui influence directement les tarifs pratiqués.
Les semences de Kikuyu, importées et moins courantes sur le marché français, coûtent généralement entre 15 et 25 euros le kilo, un budget qui reste supérieur à celui des graminées classiques présentées dans notre comparatif sur le ray-grass Lolium perenne. La germination par semis reste par ailleurs moins fiable que par bouturage, ce qui pousse beaucoup de professionnels à privilégier d'autres méthodes.
Les plants en godets, utilisés pour une plantation progressive qui laisse ensuite les stolons coloniser l'espace naturellement, coûtent entre 2 et 4 euros l'unité, chaque godet couvrant approximativement un quart de mètre carré une fois bien établi. La pose de plaques de gazon Kikuyu déjà formé par un professionnel reste la solution la plus rapide mais aussi la plus onéreuse, entre 20 et 35 euros le mètre carré, préparation du sol comprise.
Le Kikuyu n'est pas la seule option pour un jardin économe en eau, et la comparaison avec ses principaux concurrents aide à faire un choix éclairé selon votre situation précise.
La fétuque élevée, bien que moins spectaculaire dans sa résistance à la sécheresse extrême, reste beaucoup plus tolérante au froid et garde un aspect vert plus longtemps dans l'année sous climat tempéré, sans le risque d'invasion des massifs voisins. Le paspalum, autre graminée de saison chaude parfois utilisée dans le Sud, présente une bonne tolérance au sel qui le rend intéressant en bord de mer, avec un caractère envahissant généralement moins marqué que le Kikuyu.
Ce comparatif montre bien que le choix ne se résume jamais à une seule qualité isolée, mais à l'équilibre entre plusieurs critères propres à chaque jardin : climat local, présence de massifs, tolérance à la période de dormance hivernale et budget disponible pour l'entretien courant.
Une fois installé dans de bonnes conditions, le Kikuyu demande un entretien assez spécifique, calé sur son cycle de croissance inversé par rapport aux graminées classiques.
Pendant la période de croissance active, du printemps à l'automne selon la région, une tonte régulière toutes les une à deux semaines maintient une hauteur homogène, sans jamais couper plus d'un tiers de la longueur des brins en une seule fois pour ne pas stresser la plante. Un apport d'engrais riche en azote pendant cette période stimule la densité du tapis, selon la même logique que celle détaillée dans notre décryptage des engrais NPK.
Pendant la période de dormance hivernale, réduisez fortement voire arrêtez totalement la fertilisation, et espacez les tontes puisque la croissance ralentit considérablement. C'est aussi le moment idéal pour vérifier et renforcer si besoin les bordures anti-rhizome, avant que la reprise de croissance printanière ne teste à nouveau leur efficacité.
Il n'existe pas d'interdiction nationale générale, mais certaines zones agricoles ou naturelles sensibles, notamment dans les territoires ultramarins où il est parfois classé espèce envahissante, encadrent strictement sa plantation. Renseignez-vous toujours auprès de votre mairie ou d'un pépiniériste local avant l'achat si vous habitez une zone protégée.
C'est rarement recommandé, car sa vigueur de croissance finit généralement par étouffer progressivement les autres espèces semées à côté de lui. Les professionnels préfèrent presque toujours l'installer en zone dédiée et homogène plutôt qu'en mélange.
Comptez généralement entre trois et six mois en pleine saison de croissance pour une couverture complète et homogène, selon la densité de plantation initiale et les conditions climatiques locales. Cette vitesse de colonisation, aussi impressionnante soit-elle, explique justement pourquoi la surveillance des bordures reste essentielle dès les premières semaines.
Non, ce n'est pas du tout adapté, car son système racinaire profond et son mode de propagation par stolons ont besoin d'un espace en pleine terre pour exprimer leurs qualités. En pot, il perd tout son intérêt et se comporte de façon beaucoup moins satisfaisante que des graminées adaptées à la culture en contenant.
Grattez légèrement la base de quelques brins ou des stolons au sol : s'ils présentent encore une teinte verte ou blanchâtre en dessous de la partie brunie, la plante est simplement en dormance et repartira au retour des beaux jours. Un stolon complètement sec et cassant sur toute sa longueur indique en revanche une véritable mort de cette portion du tapis.