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Les feuilles mortes ne sont pas un déchet, mais la meilleure matière gratuite de votre jardin. Ramassez-les sur la pelouse et les allées, laissez-les en paillage sous vos arbustes, broyez le reste puis mettez-le en cage pour obtenir un terreau de feuilles en 3 à 24 mois selon l'arbre, et ne les brûlez jamais : c'est interdit, avec jusqu'à 450 € d'amende.
Si vous regardez votre pelouse disparaître sous les feuilles en vous demandant par où commencer, vous n'avez pas à tout ramasser, ni à tout évacuer en sacs. J'ai croisé les conseils des principaux guides, vérifié les durées de décomposition et ce que dit la loi, et vous trouverez ici ce qu'ils survolent : le bon mélange, les feuilles à écarter et ce que nous faisons chez moi, à Bordeaux, avec Edgard.
| Point clé | Ce qu'il faut savoir |
|---|---|
| 🍂 L'essentiel | Ramassez sur la pelouse et les allées, gardez le reste en paillage, en terreau de feuilles ou en compost |
| ⏱️ Délai | 3 à 6 mois pour des feuilles tendres broyées, 12 à 24 mois pour le chêne, le platane ou le laurier |
| ✂️ Astuce | Broyer les feuilles à la tondeuse divise leur temps de décomposition par deux |
| ⚖️ Le bon mélange | Deux tiers de matières brunes pour un tiers de matières vertes, soit un rapport C/N de 25 à 30 |
| 🔥 À ne jamais faire | Les brûler : c'est interdit, avec jusqu'à 450 € d'amende |
| 🦔 Hérissons | Laissez un tas intact de novembre à février, c'est leur période d'hibernation |
| 🚫 À écarter | Les feuilles à taches noires, rouille ou tavelure : déchetterie, pas compost |
| 🌰 Prudence | Noyer, platane et laurier : pas purs en paillage sur des semis |
Non, et c'est la première bonne nouvelle : seules certaines zones demandent d'être dégagées. Sur une pelouse, une couche de feuilles mouillées prive l'herbe de lumière et d'air, ce qui compte dans une ville comme Bordeaux, qui reçoit environ 1 174 mm de pluie par an d'après Point de vue paysage.
Voici comment je fais le tri chaque automne :
Ma grand-mère, en Provence, brûlait ses feuilles de platane au fond du potager, comme presque tout le monde à l'époque. Aujourd'hui, ce geste est interdit, et c'est tant mieux, car ces feuilles valent bien mieux dans la terre que dans la fumée.
Reste à savoir comment les employer, et le paillage est la solution la plus rapide.

Étalez vos feuilles sur une épaisseur d'environ une main, au pied des arbustes, sur les massifs et autour des rosiers, comme le recommande Le Blog d'Ici. Elles protègent le sol du froid et nourrissent les vers de terre, dont la biomasse est estimée entre 1 et 3 tonnes à l'hectare dans une prairie en bon état.
Au pied de vos hortensias, par exemple, elles font un très bon couvre-sol, et si vous hésitez sur ce qu'il faut mettre au pied des hortensias, les feuilles broyées sont une bonne base. Celles de chêne et de hêtre conviennent d'ailleurs bien aux plantes de terre de bruyère.
Un conseil que je donne à toutes mes amies : passez la tondeuse sur les feuilles avant de les étaler. Broyées, elles se tassent moins, se décomposent plus vite et ne forment pas de plaque imperméable.
Attention aux feuilles de noyer, de platane et de laurier : elles libèrent des substances qui peuvent freiner la croissance des plantes, donc ne les employez pas pures sur des semis. Si un grand noyer pousse chez vous, gardez ses feuilles dans un tas à part.
Si vous avez trop de feuilles pour les étaler, le terreau de feuilles devient la meilleure option.
Les guides parlent de « patience » sans jamais donner de chiffre, alors voici ce que j'ai trouvé : 3 à 6 mois pour des feuilles tendres et broyées, 6 à 12 mois si elles sont entières, et 12 à 24 mois pour le chêne, le platane ou le laurier, riches en lignine et en tanins.
La méthode est simple, et c'est Edgard qui s'en occupe chez nous : il a fabriqué une cage cylindrique en grillage, d'environ un mètre de haut, que nous remplissons de feuilles broyées en les humidifiant au fur et à mesure. Le grillage à mailles soudées se trouve au rayon clôtures, par exemple chez Bricomarché, et une cage suffit pour un jardin de taille moyenne.
Pour broyer, la tondeuse fait très bien l'affaire, mais un petit broyeur de végétaux, que l'on trouve en jardinerie comme Jardiland, devient intéressant dès que vous avez de grandes quantités. Dans les deux cas, le terreau obtenu est un amendement qui améliore la structure du sol, plus qu'un engrais.
Si vous voulez aller plus vite, le compost est une autre voie, à condition de bien le doser.
Les feuilles mortes sont des matières brunes, riches en carbone, et elles ont besoin d'azote pour se décomposer vite. Le bon repère est deux tiers de matières brunes pour un tiers de matières vertes, ce qui donne un rapport carbone sur azote de 25 à 30 au départ.
Sans azote, un tas de feuilles seules peut rester presque inchangé, et certaines sources signalent qu'il stagne encore après deux ans. Ajoutez donc de la tonte de pelouse fraîche, dont les herbes apportent l'azote qui manque aux feuilles, ou des épluchures, en couches fines, et retournez de temps en temps pour aérer.
Mais toutes les feuilles ne méritent pas d'aller au compost, et c'est un point que beaucoup de guides oublient de dire clairement.
Les feuilles qui portent des taches noires, de la rouille ou de la tavelure doivent partir en déchetterie. Halte Paysanne le rappelle : leurs spores peuvent survivre à la décomposition et recontaminer vos rosiers, vos pommiers ou vos poiriers au printemps suivant.
Et surtout, ne les brûlez pas. La circulaire du 18 novembre 2011 interdit le brûlage des déchets verts, et vous risquez une amende pouvant aller jusqu'à 450 €, sans compter les plaintes de voisinage.
Des dérogations sont possibles, par exemple en l'absence de collecte, mais c'est le préfet qui les accorde : demandez à votre mairie. Depuis le 1er janvier 2024, le tri à la source des biodéchets est d'ailleurs obligatoire en France, ce qui rend les alternatives plus faciles à trouver.
Une fois le tri fait, il reste une dernière chose à ne pas oublier : ceux qui comptent sur vos feuilles pour l'hiver.
Les hérissons hibernent de novembre à février, quand la température passe sous 10 °C, et ils rassemblent des feuilles mortes pour s'isoler du froid. Un tas bien placé, au fond du jardin, peut devenir leur refuge.
Je laisse chaque année un coin de feuilles intact, à l'abri du vent, et je ne le range pas avant mars. C'est le geste qui prend le moins de temps, et le plus apprécié.
Pour tout organiser sans rien oublier, voici le calendrier que j'applique.
J'ai résumé les gestes à faire mois par mois, de la première couche de feuilles sur la pelouse jusqu'au terreau tamisé au printemps. Accrochez-le dans la cabane ou prenez-le en photo.
Avec ce calendrier, vous ne ramassez que ce qui doit l'être, au bon moment. Reste à choisir la solution qui vous convient, et un petit questionnaire vous y aide.
Trois questions suffisent pour savoir quelle méthode choisir selon vos arbres et votre jardin. Répondez selon ce que vous voyez dans votre allée en ce moment.
🌹 Notre avis en une phrase : Ramassez les feuilles de la pelouse, broyez-les à la tondeuse, paillez avec une partie et mettez le reste en cage ou au compost avec un tiers de matières vertes, écartez celles qui sont malades, et ne les brûlez jamais, car l'amende peut atteindre 450 €.
Les feuilles mortes ne sont un problème que si on les traite comme un déchet : bien orientées, elles protègent le sol, nourrissent les vers de terre et abritent la faune. Ma grand-mère aurait été heureuse de voir ce qu'elle jetait au feu transformé en terreau.
Commencez ce week-end par un seul geste : passer la tondeuse sur les feuilles de la pelouse et les étaler au pied d'un arbuste. Dans quelques mois, vous verrez la différence dans votre terre.
Pas de façon sensible sur un sol ordinaire. Les feuilles de chêne ou de hêtre donnent un terreau légèrement acide, ce qui convient aux hortensias, azalées et rhododendrons, mais pas aux plantes qui préfèrent un sol calcaire.
Oui, en paillage d'hiver sur le terreau, à condition de ne pas recouvrir le collet des plantes. Choisissez des feuilles tendres et broyées, qui se tassent moins et laissent mieux respirer le terreau.
Retirez-les sans attendre : dans un bassin, elles se décomposent au fond et salissent l'eau, et dans une gouttière, elles finissent par la boucher. Videz-les à l'épuisette ou à la main, puis mettez-les au compost si elles sont saines.
La chute naturelle des feuilles fait en général partie des inconvénients normaux du voisinage. En revanche, vous pouvez demander que les branches qui avancent chez vous soient coupées, et la réglementation sur les arbres très hauts du voisinage détaille ce que dit la loi.
Un tas de feuilles seules n'offre pas de nourriture aux rats, ce sont plutôt les restes de cuisine qui les attirent. Il abrite en revanche des limaces et des escargots, donc éloignez-le de votre potager, et si vous avez un doute sur un visiteur, les crottes de rat au jardin se reconnaissent assez facilement.
Apportez-les en déchetterie ou utilisez la collecte de déchets verts de votre commune, car le tri à la source des biodéchets est obligatoire en France depuis le 1er janvier 2024. Renseignez-vous auprès de votre mairie sur les volumes acceptés et les jours de collecte.